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Hollande et la gauche… à l’ivoirienne

Laissons aux politologues et autres spécialistes le soin d’une oraison funèbre détaillée – et bien méritée – du Sarkozysme. Grosso modo, la victoire de François Hollande aux présidentielles françaises de 2012 marque la fin d’un semi-cauchemar étatique qui aura surtout montré en quoi l’hyperprésidence bling-bling à l’avantage des copains du Medef est une formule néfaste pour diriger un peuple tellement affecté par la crise financière mondiale qu’il ne sait plus où parquer ses chômeurs et ses “indignés”.

Gbagbo : question d’objectivité

Le discours pro-Ouattara sur la crise ivoirienne n’a pas varié d’une demi-mesure un an après le sombre 11 avril 2011. Adoubé du soutien toujours aussi solide de la grande presse internationale – qui ne juge pas nécessaire de se poser une ou deux questions quant à la dizaine d’années de coups fourrés et de crimes en tous genres soutenus silencieusement par l’Élysée – Alassane Ouattara, justifications saugrenues après justifications saugrenues, continue de se faire broder une tunique de sauveur qui n’a de sérieux que la détermination de ses communicants à vouloir à tout prix l’imposer.

FPI : kaput ?

Le Front populaire ivoirien (FPI), par la voix de son président Miaka Oureto, a encore frappé de son nombrilisme patenté et inscrit une énième preuve de son manque de vision au panthéon du bêtisier politique ivoirien.

En juin 2011, son refus de l’opposition avait justifié que la plupart de ses militants rejettent en bloc toutes les suggestions d’acceptation de la nouvelle donne politique ivoirienne, en refusant mordicus la notion même d’autocritique. On le disait à l’époque : il ne s’agissait pas de légitimer un pouvoir criminel qui, du reste, n’attend du FPI aucune légitimation. Il s’agissait simplement de développer une certaine maturité politique, capable de lire les nouveaux signaux, de s’adapter en conséquence et de mener une opposition pleinement consciente de ses responsabilités vis-à-vis du peuple. C’était le moins que l’on pouvait espérer de responsables politiques ayant passé une décennie au pouvoir, mais qui n’avaient jamais imaginé se voir déguerpir manu militari par la Force Licorne française.

Saint Mélenchon et le patriotisme moribond

La déferlante patriotique ivoirienne a fait son choix : Jean-Luc Mélenchon sera son prochain président. Ou plutôt celui de la France, mais apparemment, il n’y a pas grande différence. Elle l’a décidé comme tel, elle l’exige pratiquement, elle mène une campagne Mélenchon en ligne et explique pourquoi à qui veut l’entendre.

Qu’un citoyen français d’origine africaine décide de voter Mélenchon, rien de bien troublant. L’homme est candidat et tous ceux qui ne se refusent pas l’avantage d’une double-nationalité (même en criant haro sur la Françafrique) ont le droit d’admirer l’homme politique d’extrême-gauche.

L’État plantation

Les pays d’Afrique francophone en donnent rarement l’impression mais, en réalité, il existe une petite différence entre gérer un État et gérer une plantation.

Une plantation appartient à son propriétaire : il peut en faire ce qu’il veut ; il peut défricher son carré au petit matin ; il peut décider de l’exploiter, puis l’abandonner, puis le cultiver à nouveau, selon son bon vouloir. Par contre, un État est une entité publique, la propriété de millions de personnes qui érigent, symboliquement et par convenance pratique, un individu qui en prend les rênes et qui fait ce que la majorité estime être la priorité du moment.

Plumes d’Or

Plumes d’Or aux 10 essais politiques (sur les 350 publiés sur notre plateforme) qui nous ont le plus séduits en 2011. Nous les commentons ici, par ordre chronologique, en excluant les nôtres afin que, pour une fois, charité bien ordonnée commence par autrui.

La folie d’une guerre sans gloire : à Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan BédiéWayourou Zadi-Pauyo (25 février 2011)

Bonjour la route

Quelques jours passés en Alassanie, dominion français de la côte ouest africaine, convaincront même les plus sceptiques sur la diligence avec laquelle la route abidjanaise est en train d’être remise dans des habits dignes d’une capitale économique.

On comprend mieux les « ADO a goudronné ! » dont nous parlions en octobre dernier. Ils expriment l’enthousiasme de citadins complètement dégoutés de l’état de dégradation du réseau routier abidjanais, trop longtemps “abandonné” à son triste sort… Mais voilà qu’aujourd’hui, les travaux de réfection de la route sont tellement avancés qu’ils causent même de gigantesques embouteillages par endroit ; le sacrifice requis pour pouvoir, enfin, bénéficier d’un bitume conséquent.

Législatives : tous perdants

Aux souvenirs d’une amie française qui, pendant les présidentielles de 2010, nous interpellait sur la question démocratique ivoirienne, nous admettons, bien malheureusement, que la démocratie est encore à son stade infantile en Côte d’Ivoire.

Oui, nous nous souvenons de 1990, du vent de l’Est, des conférences nationales et de la naissance officielle du multipartisme. C’était les premiers biberons. Mais depuis, la croissance démocratique ivoirienne s’est drastiquement estompée, en hoquetant lourdement, à chaque instant de son véritable test : les élections.

Droit d’honneur

On lisait récemment la prière en ligne de cet internaute se réclamant de Laurent Gbagbo, qui espérait que les Eléphants soient éliminés au premier tour de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN), afin qu’Alassane Ouattara n’en tire aucun dividende politique.

CPI : l’occasion d’humilité

Laurent Gbagbo a donc été transféré à la CPI en dépit des promesses de “frémissements” des responsables LMP, en dépit des “revendications” de ses avocats et conseillers et en dépit de la colère de ses affidés. Comme au 11 avril dernier, il a été saisi manu militari et convoyé là où la “communauté internationale” souhaitait le voir depuis une décennie.

Que dire qui n’a déjà été dit ?

Et si Gbagbo avait écouté Koulibaly ?

La dévaluation du franc CFA aurait-elle été d’actualité en novembre 2011, dix-sept ans après celle de 1994, si une réflexion sérieuse sur le franc CFA avait été apportée sous Laurent Gbagbo ? Cette question serait-elle l’objet de vives polémiques, aujourd’hui, si un nucleus, constitué de spécialistes locaux, avait été mis en place par le régime Gbagbo, non pas hâtivement, pendant la crise postélectorale, avec un ou deux prêcheurs de “nouvelle monnaie” sur les plateaux de la RTI, mais depuis 2000, puisque tel était écrit noir sur blanc dans le projet de société de la Refondation ?

Le mythe de l’Ivoirien paisible

La fin de cette année cruciale dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire s’annonce, comme prévue, sans qu’une réponse consensuelle ait été apportée à la question suivante : comment la Côte d’Ivoire est-elle tombée si bas ?

On connait les coupables officiels, selon que l’on s’abreuve du révisionnisme RHDP, du frontisme LMP ou tout simplement du bon sens. Ils s’appellent Onuci, France, Ouattara, Gbagbo et leurs subordonnées respectifs, et ils incluent également Obama, Bédié, Houphouët et même – pour certains – Koulibaly.

Gilbert

S’il est vrai que l’on juge une nation à la manière dont elle traite ses plus démunis, il est aussi vrai qu’une nation qui se respecte est une qui valorise ses sommités. Pour certains, les sommités ivoiriennes sont celles qui caracolent dans des cargos militaires, déambulant dans les rues d’Abidjan kalachnikovs en bandoulière. Ou bien celles qui gesticulent leur maîtrise plus que parfaite du coupé-décalé. Ou encore celles qui apparaissent à la une de Life magazine. Ou même celles qui virevoltent leur dextérité footbalistique dans les défenses adverses. Elles sont les plus visibles ; elles doivent donc être celles qui méritent le plus de respect.

Menteurs “patriotes”, déguerpissez !

George Orwell ne croyait pas si bien dire quand il estimait au début du XXe siècle que « la politique, par sa nature même, implique violence et mensonge ». On peut en être sûr, la maxime ne vieillira pas de sitôt, à l’allure où va la politique politicienne ivoirienne, qui voit tous les camps mener leurs combats – les plus respectables ou les plus sots – par la voie royale de la propagande mensongère.

Le Plan B

A l’embouchure des vociférations tumultueuses émanant des plus militaires des militants LMP et RHDP, s’inscrit en lettres capitales le besoin pour chacune de ces formations de s’interroger sur le seul point qu’elles se refusent : le Plan B.

Quel est le Plan B de la coalition de partis politiques qui forment le mouvement LMP ? Quel est le Plan B des tendances regroupées sous la bannière RHDP ? Quel est le Plan B des formations politiques ivoiriennes qui prétendent toutes conduire les Ivoiriens vers le meilleur que l’avenir leur réserve ? Et qui, pour se faire, investissent toutes leurs énergies dans le prolongement à l’infini de la carrière politique de leurs leaders du moment ?

Le sens des responsabilités

Qu’est devenu le sens des responsabilités en Côte d’Ivoire ?

On savait ce pays comme envouté par un esprit de haine, de jalousie et de violence. On savait que certains des mouvements politiques ivoiriens en avaient fait un fonds de commerce depuis leur création. On savait même que ces pratiques avaient accouché d’une guerre meurtrière de trois mille personnes au bas mot. Mais on savait moins que certains des citoyens les plus respectés de ce pays allaient finalement ôter leurs tailleurs et costumes et pénétrer dans l’arène des gladiateurs démocratiques, armés d’épées verbales aux tranchants potentiellement néfastes.

Gbagbo : l’hypocrisie qui ne dit mot

Personne dans le camp LMP n’ose le dire publiquement mais le malaise n’en est pas moins présent. La défense légale de Laurent Gbagbo, aussi experte qu’elle puisse être, est principalement constituée de quatre avocats – Jacques Vergès, Roland Dumas, Marcel Ceccaldi et Emmanuel Altit – qui ont en commun au moins deux choses: ils sont de race blanche et de nationalité française.

Et alors ? Simple détail ? Pure coïncidence ? Pas si vite. Le choix de cette équipe n’est pas aussi anodin qu’il en a l’air et amène même à se poser certaines questions d’ordre stratégique et géopolitique.

Le ballet religieux

Ainsi une nouvelle prophétie annonciatrice de la délivrance du peuple ivoirien du pharaon Ouattara aurait été annoncée sur les ondes d’une radio pleine d’espoir et de lendemains meilleurs pour la Côte d’Ivoire.

Alléluia ! Aveu pour aveu, l’idée en elle-même n’est pas pour nous déplaire, d’autant plus qu’il est question ici de l’Armée du Salut, composée de véritables sauveurs, pas de ces ostrogoths rouge-chaussetés et vert-cagoulés qui parcourent les rues d’Abidjan et discourent façon Agatha à Francis Bebey. En tout cas, à force de l’entendre, nous connaissons bien le refrain : le jour de gloire n’est plus si loin et le pays connaitre sa rédemption. Seule surprise : le message cette fois-ci n’émane pas d’un pasteur de confession évangélique mais d’un prêtre catholique, à savoir, l’abbé Désiré N’guessan, vicaire de la paroisse Sainte Cécile d’Abidjan.

L’amour version Ouattara

La légende romaine rapporte que l’empereur Marc Aurèle, parcourant quotidiennement les rues de Rome, avait à ses côtés un fidèle serviteur dont la seule fonction était de lui répéter à longueur de journée : « vous n’êtes qu’un homme, vous n’êtes qu’un homme ». Cette méthode était celle que le souverain avait trouvée pour éviter que l’adoration de ses sujets ne lui donne une idée de lui-même en déphasage avec la réalité.

Ivoiriens de l’Onuci, vous avez du sang sur les mains !

Chers Onuciens (permettez-moi ce néologisme car vous parler requiert une terminologie appropriée),

Maintenant que la responsabilité de l’Onuci est clairement établie dans le cataclysme politique ivoirien – grâce à l’affairisme patenté de votre Young-Jin Choi que les livres d’histoire n’oublieront jamais – comment vous sentez-vous, vous Ivoiriens qui travaillez pour le compte de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire ?

Coupables ? Responsables ? Fiers ? Indifférents ?

Pour mieux cerner votre comportement, permettez un instant que nous analysions les conditions de votre recrutement.

FPI : la conscience de l’opposition

Le FPI serait-il en train de se réveiller de sa torpeur ? Il y a peu, au constat de la distance inavouée mais belle et bien perceptible qui sépare la base et le leadership du parti, nous nous demandions si ses militants prendraient un jour conscience de sa position actuelle ou bien s’ils continueraient de se dispenser d’une autocritique publique des années de “refondation” de l’appareil politique ivoirien.

FPI : le malaise de l’opposition

Les refus inconsidérés sont souvent sources de malaise. Posez la question au FPI, dont la base militante ne sait vraiment plus à quel saint se vouer, depuis que l’alchimie Ouattariste du “régner pour mieux diviser”, est en en train de semer trouble et confusion dans ses rangs.

Il y a encore peu, un certain Mamadou Koulibaly était “traitre”, “ennemi” et autres hyperboles que la paresse intellectuelle pouvait fomenter. Pourquoi alors le FPI n’est-il pas en train de vomir, de la même façon, le récent président par intérim qu’il a désigné ?

Blé Goudé, toi aussi… tais-toi !

Agrippé au toit découvert d’un 4×4 roulant à dix kilomètres à l’heure, le regard intrépide, le poing en l’air, le défi inscrit dans le timbre : telle est l’image que je conserve des heures les plus valeureuses du combat patriotique de Charles Blé Goudé.

C’était en 2004. Novembre 2004. Devant la Présidence. Vous savez l’histoire. Opération Dignité. Général Poncet. Huit soldats français, parait-il, tués. Chirac enragé. Aéronefs ruinés. Gbagbo au journal télévisé. Appelant au calme devant la française férocité. Puis Blé Goudé…