Saint Mélenchon et le patriotisme moribond

La déferlante patriotique ivoirienne a fait son choix : Jean-Luc Mélenchon sera son prochain président. Ou plutôt celui de la France, mais apparemment, il n’y a pas grande différence. Elle l’a décidé comme tel, elle l’exige pratiquement, elle mène une campagne Mélenchon en ligne et explique pourquoi à qui veut l’entendre.

Qu’un citoyen français d’origine africaine décide de voter Mélenchon, rien de bien troublant. L’homme est candidat et tous ceux qui ne se refusent pas l’avantage d’une double-nationalité (même en criant haro sur la Françafrique) ont le droit d’admirer l’homme politique d’extrême-gauche.

Mais que des citoyens ivoiriens, arborant certificats de nationalité oranges et passeports verts, vivant à Paris, à Agadir ou à Bouaflé, s’empressent de battre campagne pour Mélenchon, laisse franchement pantois.

Comment Jean-Luc Mélenchon (dont la plupart de ses nouveaux supporters ne peuvent pas citer, sauf Google, une seule ligne de son projet de société) est-il devenu Saint Mélenchon, l’espoir de tout un mouvement ? Grâce aux deux cents mots que voici, tenus le 6 février dernier :

« La politique qui a été appliquée en Côte d’Ivoire est une politique impériale. La France s’est immiscée dans une discussion rude qu’avaient entre eux les Ivoiriens […] Il fallait respecter de façon extrêmement scrupuleuse l’indépendance des Ivoiriens. Il a été aussitôt organisé, contre Monsieur Laurent Gbagbo, une sorte de pression internationale, car son régime déplaisait (le Front Populaire Ivoirien) beaucoup à la droite internationale qui, depuis des années, manipulait leur marionnette Monsieur Ouattara, qui a précédemment nui au précédent président et au précédent encore avant, car c’est un homme qui a été, en quelque sorte, introduit par les instances internationales et notamment par les Nord-Américains et les Français, depuis de très nombreuses années. Et cet homme a fomenté toutes sortes de complots, a épousé toutes sortes de rebellions absolument insupportables, comme celle qui est venue du Nord du pays où se sont pratiqués les plus grosses fraudes électorales. Et la France s’est mêlée de tout cela, est intervenue de manière militaire et elle a fait, en quelque sorte, que Monsieur Gbagbo soit embastillé. Et il est aujourd’hui traduit devant le Tribunal pénal international, alors que son pays n’a pas signé les clauses de ce tribunal pénal international… »

Bravo Monsieur Mélenchon ! Quelle érudition ! Quel courage ! Quelle attention pour toute cette population de Côte d’Ivoire qui souffre dans sa chair le nouvel ordre ivoirien ! Franchement, tous apprécient ce que vous appelez votre «affection». Vous êtes tellement bons, Monsieur Mélenchon. Allons-y, chantons, coupons et décalons un hymne nouveau, en l’honneur de papa Mélenchon !

Ah, nègres et campagnes présidentielles ! Comme dirait l’autre, « une combinaison qui ne marche pas [vraiment] ». Les premiers n’atteignent l’apogée de leur ignorance que lorsque le sujet les y invite le moins. Les secondes n’atteignent le paroxysme de leur hypocrisie que lorsque les micros les interrogent enfin.

Les acteurs politiques, on le sait, n’ont rien à envier aux performances oscarisées de Denzel Washington, tant qu’il s’agit d’atteindre leurs objectifs électoraux. Mais le plus inquiétant réside dans les réactions de ceux qui leur prêtent toute leur attention et qui croient, dur comme tibia de Zokora, que leurs désirs intimes seront effectivement pris en compte par les responsables politiques de leurs colonies.

En effet, que les pro-Gbagbo acquiescent les propos de Mélenchon ne pose aucun problème de fond. L’homme a essentiellement dit ce que bon nombres d’observateurs (moyennement honnêtes) de la crise ivoirienne savent et répètent depuis belle lurette : la France a mené une guerre en Côte d’Ivoire qui s’est achevée (?) avec l’installation d’Alassane Ouattara à la tête du pays. Mais que ces mêmes pro-Gbagbo sautent toutes les étapes de la lecture politique avisée et décident, sur la seule base d’un clip YouTube, de la canonisation de Jean-Luc Mélenchon, est complétement interloquant.

Comment se fait-il que des Ivoiriens puissent s’ordonner un choix électoral, même symbolique (qui ne leur est même pas réservé), sur qui pourrait dorénavant les surexploiter ? Ces mêmes pro-Gbagbo n’ont-ils pas, hier, souffert la colère chiraquienne de novembre 2004, avec ses 65 morts et milliers de blessés officiels (sans compter la destruction des aéronefs militaires ivoiriens) ? Quelle avait été, alors, leur attitude (et celle, très officielle, de Laurent Gbagbo) ? Anticiper, comme une délivrance, l’arrivée du p’tit Nicolas à l’Élysée.

C’est que l’hyperactif président français au franc-parler méprisant s’était, à l’époque, positionné comme un opposant interne à Jacques Chirac, donnant l’impression aux plus naïfs qu’il allait tenir ses promesses de campagne et s’engager dans une renégociation des relations entre l’Afrique et la France. En langage pro-Gbagbo, cela signifiait que Sarkozy allait probablement s’imprégner de la crise ivoirienne et comprendre, le plus logiquement du monde, que le Woody était la victime et non le bourreau. Aussi, la communication de la Refondation s’était émue d’un coup de fil de Sarkozy à Gbagbo et avait bruyamment médiatisé la fameuse photographie montrant Nicolas et Laurent en train d’échanger, au détour d’un quelconque sommet, un moment de fou rire.

Sauf que les choses se sont finalement passées bien différemment, n’est-ce pas ? En réalité, les choses se sont passées le plus naturellement du monde, suivant le cours de l’histoire impérialiste occidentale en Afrique noire : tout ce que Mitterrand a souhaité, Chirac, son meilleur ennemi, l’a exécuté. Et tout ce que Chirac a espéré, Sarkozy, son meilleur ennemi, l’a parachevé.

On aurait cru que la leçon serait passée, en Côte d’Ivoire, mais hélas ! Dès l’instant qu’un homo politicus francius émet une opinion en phase avec celle défendue par le camp Gbagbo, la réaction dite patriotique de ces pauvres résistants, lobotomisées et manipulées par quelques-uns de leurs leaders (plus charlatans que militants), est de suivre les mots d’ordre les plus saugrenus, vaille que vaille, en encourageant tous les “fiers Ivoiriens” à faire de même. Tout cela, simplement parce qu’un homme politique français, en pleine campagne présidentielle, affirme, devant les caméras, le contraire de ce que ses principaux adversaires politiques défendent.

On se souvient que Marine le Pen avait, elle aussi, publiquement condamner Alassane Ouattara avec les mots appropriés, sur les antennes de RTL et de iTélé. Cela avait engendré une vidéo devenue rapidement virale dans les milieux pro-Gbagbo. Et nous suggérions alors aux Ivoiriens de consommer du Marine Le Pen… avec modération, vu que l’héritière-candidate est toujours… lepéniste, à savoir, le leader d’un Front national qui a déjà fait ses preuves en matière de politiques racistes et rétrogrades.

Aujourd’hui, les Ivoiriens qui ne se promènent nulle part avec un passeport français (parce que nés à Zoukougbeu et non à Caen), savent-ils que leur engagement militant pour la victoire de Mélenchon n’aura absolument aucun impact sur le quotidien de leurs enfants ? Non. Car l’amour de la Côte d’Ivoire et le patriotisme vrai est censé se mesurer à un seul trait : dénoncer Ouattara. Quiconque dénonce Alassane Dramane Ouattara aime forcément la Côte d’Ivoire et est détenteur exclusif d’une carte de patriotisme OBV, qui l’autorise à toutes sortes de tartuferies. Et à deux cartes (une pour lui, une autre pour sa Nady), s’il le fait en public…

Cette définition simpliste d’amour pour la patrie s’applique en Côte d’Ivoire depuis belle lurette. Mais l’avènement de la campagne Mélenchon, organisée par des pro-Gbagbo, vient apporter une signification complémentaire au Larousse patriotique ivoirien. Dorénavant, vous pouvez être un piètre homme politique, connu pour lancer des propos tonitruants mais creux, surfant sur une vague d’indignation populiste, aidé en cela par l’arrogance de l’UMP et la fébrilité du PS, vous pouvez être un candidat généralement médiocre sur les questions de fond, expert en argumentations fantaisistes, dénué d’un plan cohérent, aussi affairiste qu’affairé (au sens ivoirien du terme) et capable, 24h sur 24, de balancer quelques coups-de-gueules même forts à propos (qui n’en restent pas moins des coups-de-gueules et non des plans d’actions), et vous êtes alors sanctifiés par les “patriotes” ivoiriens.

Quel gâchis que ce peuple prétendument fier, en dépit de tout ce que la France politique (TOUTE la France politique, sans exception !) lui fait endurer depuis maintenant cinquante années de dépendance dans l’indépendance, soit encore en train de boire de la soupe francophilisée. Quelle honte que certains, dans le but d’assouvir des desseins mystérieux, les guident comme un troupeau de brebis galeuses vers le mirage d’un vert pâturage élyséen.

Mélenchon, si même il était élu, ne ferait strictement rien, ni pour l’Ivoirien, ni pour Laurent Gbagbo, ni pour quelque phénotype négro-africain. Pourquoi ? Parce qu’il est avant tout un homme politique français (et franc-maçon) et qu’il défendra, comme tous les autres avant et après lui, les intérêts du pré-carré françafricain.

Le “tout-sauf-Ouattarakozy” des pseudo-militants ivoiriens, qui ressemble fort à de l’engagement politique respectable, mais qui n’est, en fait, que du moutonnisme puant, s’apparente ici au “tout-sauf-Bush” qui avait engendré, en 2004, sous la terreur médiatique, la réélection d’un nommé George W. Cette réélection avait ouvert la porte aux manipulations supra-légales imposées au Congrès américain par la Maison-Blanche et avait conduit, en 2008, l’Amérique à l’orée de la plus grande catastrophe financière de son histoire.

Les Américains ne se sont toujours pas remis de ce choix électoral fondé sur un patriotisme téléguidé. Même l’arrivée d’Obama, censée colmater toutes les brèches du Bushisme, s’est avérée être encore plus néfaste que le Bushisme lui-même, aujourd’hui que 150 millions d’Américains vivent en-dessous du seuil de pauvreté et que les États-Unis, en bons seigneurs de guerre, ont fait main basse sur les deniers publics de l’Iran comme ils ont fait de même, il y a quelques mois, sur ceux de la Libye… au nom de la démocratie.

Les Ivoiriens non plus ne se remettront pas de leur patriotisme hypnotique et émotionnel, dénué d’idées, riche en zèle circonstanciel, donc clairement limité. Croire que Saint Mélenchon représente un quelconque espoir pour le peuple de Côte d’Ivoire, tout simplement parce qu’il reconnait en Ouattara la marionnette qu’il est, est tellement ignorant qu’on se demande s’il faut en rire ou en pleurer.

Rire, on va le faire, à gorge déployée, de l’échec annoncé de la campagne Mélenchon, destinée à faire des résultats à la Wodié. Et pleurer, on va s’y résoudre, amèrement, devant l’aggravation programmée de la misère du peuple ivoirien, manipulé par tout ce qu’il y de militants fantoches et d’hommes politiques français, en route (ou non) vers le prochain puits de pétrole, au large du Golfe de Guinée.

Jean-Luc Mélenchon et Laurent Gbagbo

February 7, 2012

  • Jovin Greye

     

    De quoi souffrez-vous
    que des pro-Gbagbo soutiennent
    tout français qui reconnaît et dénonce publiquement la violation de la
    souveraineté, et l’exploitation éhontée
    de la Côte d’Ivoire par la France?
    Dans toute lutte, tout soutien
    n’est qu’un pas de plus vers la victoire finale qui n’est rien d’autre que des relations France-Afrique DECOMPLEXÈ, et une Afrique digne capable de se prendre en charge !

    L’ALLEMAGNE a perdu ses colonies (y comprise la France), et pourtant le
    ciel ne lui est pas tombé sur la tête, elle est la première puissance
    économique d’Europe. Vivement que cela inspire le prochain président
    Français, car la vache à lait qu’est l’Afrique a aussi ses enfants à
    nourrir.

    Trop de cadavre africain pour que le petit français ait
    sa bagette de pain au quotidien!

    Quand vous aurez compris cela, Vous gagnerez à méditer plus sure l’avenir de la France sans ses colonies, comme l’a fait l’Allemagne avec brios!Jovin GreyeFINLAND

    • Nous souffrons non pas que les pro-Gbagbo soutiennent “tout français qui reconnait et dénonce publiquement la violation de la souveraineté et l’exploitation éhontée de la Côte d’Ivoire par la France”. Mais qu’un nombre incroyablement grandissant de pro-Gbagbo suivent BETEMENT les mots d’ordre de certains de leurs leaders, sans réfléchir, en menant une campagne où ils n’ont absolument rien à faire (je parle des Ivoiriens, PAS des Franco-Ivoiriens ou Franco-Africains), tout simplement parce qu’un homme politique, en pleine campagne, dit ce qu’ils veulent entendre. Je l’ai dit dans le texte : Sarkozy a eu une attitude similaire pendant sa campagne en 2007 et les pro-Gbagbo ont plongé sur l’occasion d’encenser Sarkozy pour ensuite recevoir les bombes de Sarkozy. Il y a une claire différence entre apprécier la véracité des propos de Mélenchon ET faire campagne pour Mélenchon, en tant que strict Ivoirien. Si vous ne voyez pas cette différence, c’est bien dommage. Je la vois, la note, la stigmatise et essaie de faire comprendre à ceux qui s’auto-attribuent le titre de “patriotes” qu’ils ne doivent pas se perdre dans les combats superflus et les ambitions égoistes de certains parmi eux, d’autant plus que celui-ci (la campagne Mélenchon) n’apportera jamais aucune espèce de solution à la crise ivoirienne. Voilà tout. 

      PS : Lisez mes autres papiers SVP. C’est juste une suggestion qui vous éclairera sur ce que je défends…

  • Ils vont encore vous tapez dessus Fabien! Y en a qui sont venus mais qui sont passes completement a cote. Qu’est ce qu’on peut faire pour nos freres si ce n’est les exhorter… Du courage et de la resilience.

    • Je sais Tanya, ils ont d’ailleurs déjà commencé à ramener leurs gourdins, mais c’est peine perdue. Il y a une question fondamentale qui est discutée ici qui est celle de la mauvaise lecture des relations franco-africaines en général et franco-ivoiriennes en particulier. A vouloir constamment personnaliser les questions politiques, trop de gens en arrivent encore à faire et à défendre des choix ahurissants, illogiques et surtout inutiles. Le combat pour l’indépendance et la souveraineté de la Côte d’Ivoire est devenu le combat pour le mieux-être de Laurent Gbagbo (ce qui signifie le pire-être d’Alassane Ouattara). C’est ce qui explique que toute la semaine dernière, le débat se soit orienté sur “le sort de Soro”, quand bien même les uns et les autres devraient réfléchir au sort actuel de la population de Côte d’Ivoire et penser des mécanismes de survie, d’entraide et de vrai militantisme, porteur d’un mécontentement et de pistes de solutions. Mais ce n’est pas le cas. Et tout ce qui SEMBLE souhaiter le mieux-être de Laurent Gbagbo (donc le pire-être de Ouattara) est automatiquement salué (et dans le cas Mélenchon, on a même largement dépassé le cadre de la salutation pour mener campagne, activement !), quand bien même, l’histoire géopolitique prouve comment les choses fonctionnent bien différemment. Mais bon, ils refusent de comprendre, ils préfèrent s’en prendre à moi, lol… 

  • Nathalie Yamb

    Excellent Fabien! Pour les Pro-Gbagbo, après Malachie, c’est Mélenchon le sauveur. Ahurissant de voir des gens qui s’auto-proclament “patriotes ivoiriens” faire campagne pour tel ou tel candidat à l’élection présidentielle française alors qu’ils poussent des hauts cris quand “l’étranger” vient sponsoriser tel ou tel candidat en Côte d’Ivoire.  Mais on n’est plus à une incohérence près 🙂

    • Indeed, Nathalie, true indeed… Je crois que cette attitude est surtout le fait d’un groupuscule très averti parmi lesdits “patriotes” qui manipule les masses bien intentionnées (peut-être) mais ignorantes de ce qui est réellement. Et ce groupuscule maintient les “suiveurs” dans une forme d’ignorance permanente, de façon à mieux l’exploiter. C’est le patriotisme moribond à l’ivoirienne… C’est dommage…

      • C’est drôle de voir tous ces “résistants” devenir soudain de grands admirateurs de Jean-Luc Mélenchon.On
        fait même campagne pour lui!A près on se plaindra qu’ils se mêlent de
        nos affaires.On ne peut pas vouloir une chose et son contraire!!!

        • Absolument, Mohamed… 🙂

          • Julienkouassi

            J’ai lu avec beaucoup d’intéret votre article. Je trouve que votre analyse, sur le fond, est pertinente et constructive. Cependant dans la forme, je trouve le ton trop incisif et à la limite agressif. Je pense pour ma part que ce que vous rélévez icipeut édifier plus d’un pour peu que vous adoptiez un ton plus pédagogique et moins sarcastique pour ne pas donner le sentiment de railler les effort des gens qui de très bonne foi mènent leur lutte avec les moyens de bord. D’autre part toute lutte est forcément incarnée par quelqu’un, qui porte cette cause. De Gandhi à Luther King, en passant par Mandela, tous sont devenus des icones pour la lutte par eux ménée. Ainsi  on pourrait dire que l’on avait fait une fixation sur Mandela. Il faut de peu pour tomber dans la simplification. Les choses sont parfois plus nuancées. J’ai deux amis Franco-ivoiens qui en 2007 ont voté Sarkosy sans concertation aucune. I’une de ces personne avait justifié son vote sarkozyste par le fait que ce dernier au moins était marié. J’étais ébahi. C’était donc sur une considération morale et rien d’autre. Et dépuis vous savez ce qui est arrivée au cher Sarkozy. Je ne sais pas si cette fois-ci il le votera parce qu’il vient d’avoir un enfant? Pour moi, les élites intellectuelles ont un dévoir de formation des masses. Et le débat contradictoire peut féconder l’intelligence. Et y participer reste une noble tache à mon sens. Pour ce qui est des expression “Nègre”, meme venant d’un Noir me fait toujours un effet d’auto-dérision ( quand ça vient d’un Noir) ou d’agression raciste pour les autres. J’ai apprécié votre atricle.

          • Cher lecteur, Julien Kouassi, merci pour votre commentaire et pour vos remarques. Je note que, comme d’autres commentateurs notamment sur ma page Facebook, vous acquiescez ou ne trouvez rien à redire, en tout cas, sur le fond (ce qui déjà me réjouis) mais critiquez la forme. Il est peut-être temps que j’explique une ou deux choses. Le style linguistique que j’adopte est volontairement axé sur quelques figures de style dont l’hyperbole. Pour rappel même évident à tous, l’hyperbole est cette figure de style qui, par le truchement de l’exagération, MET EN RELIEF une réalité quelconque. J’ironise (voire caricature, quelquefois) dans la plupart de mes papiers en faisant grand usage de l’hyperbole pour toucher les noeuds gordiens que certains veulent éviter. Alors d’aucuns me font un procès pour la chose mais c’est mal indiqué. Ce n’est pas de la colère ou de l’aggressivité que je transmets, c’est juste un style propre, ponctué d’hyperboles. Quand je le fais pour “démonter” certains actes de Ouattara, les pro-Gbagbo m’applaudissent. Quand je le fais pour démonter leurs agissements à eux, ils me trouvent brusquement aggressifs. Il faut arrêter. Dans les deux, je ne fais qu’utiliser une figure de style que je trouve plutôt efficace, vu que justement, l’article-ci est débattu “un peu partout”. Je fais donc usage d’une figure de style, l’hyperbole, pour souligner une gangrène. La grangrène ici est ce que j’appelle le “patriotisme moribond”. Voici des gens (pas tous, mais certains) qui, au prétexte de soutenir Laurent Gbagbo, mènent une campagne pour un homme politique français, sur la SEULE base d’une de ses déclarations de campagne (et du “mot d’ordre de certains de leurs responsables). Et qui croient, ainsi, en tirer quelque bénéfice pour “la lutte”. C’est simplement naif… 
            Sur la question du symbole, je dirais seulement ceci : il faut savoir, en même temps que l’on a un symbole, dépasser le seul symbolisme d’un homme, aussi charismatique soit-il. Quand on n’a qu’un symbole et rien de substantiel en amont, “la lutte” en question s’assoufle rapidement…
            Enfin, vous savez, je suppose, que l’utilisation du terme “nègre” est un débat négro-noir depuis très longtemps. Je respecte votre choix mais moi, je crois qu’il FAUT l’utiliser. Quelquefois avec une connotation hyperbolique (comme c’est le cas dans ce texte), mais d’autres fois avec fierté.

          • Julienkouassi

            Merci Fabien D’Almeida pour la peine que vous vous etes donnée de repondre à mon commentaire. Je vous ai lu pour la toute prémière fois aujourd’hui sur cet article dont le titre était un brin “provocateur”, je n’en doute pas, qu’il ait été fait à dessein. Toujours le style hyperbolique. Tout compte fait, votre article a le mérite de poser une question de fond, meme si, on peut s’en trouver révolté par le ton sarcastique dont je parlais tantot. Je n’aime pas moins les autres figures de style, telles que la métonymie, la litote ( que j’aime bien dans bien de situations, étant de quelque manière l’antinomie de l’hyperbole), l’oxymoron, la métaphore, l’ironie ou l’euphémisme, toute ces figures de rhétorique embelissent la langue et particulièrement l’écrit.Et l’auteur peut en user ou en abuser à volonté.Sur cela, il me semble mal à propos de formuler des critiques, le style d’écriture étant par définition très personnel. Cependant, en fonction du résultat récherché, on peut se permettre de formuler des suggestions, mais aucunement par esprit de contestation, mais de construction. Voici pourquoi, j’ai parlé, de pédagogie, que vous pourriez appliquer à votre auditoire ( vos lecteur dont désormais je suis) sans avoir à les braquer. Nous savons du reste, il y a plusieurs approches possible . J’ai parlé des hommes qui incarnent les idéaux, que ce soit en politique, en réligion ou autre, sont ceux là-meme qui donnent vie, aux idées qu’ils portent et qu’ils incarnent. Evidemment ce serait réducteur de penser qu’une seule personne  ménerait le combat. Mais tout combat à un leader. Et ce, quelque soit le dommaine. Et donc pour moi, cela va au délà du symbolisme. Tout ce qui se fait de grand commence par un Homme, ou une femme. Le changement vient toujours d’un homme, une femme. Une révolution s’est produite aux USA, seulement parce qu’un jour, dans un bus, une femme Noire qui ne trouvait pas juste la ségrègation raciale, a réfusé de céder sa place à un blanc, qui du fait de l’absence de mélanine justifiant sa pigmentation, était présupposé supérieur.  Ce fait lui conférait un “droit” inaliénable garanti par le droit positif américain de cette époque. Mais le réfus courageux de Rosa Park a donné le coup d’envoie à un vaste mouvement de protestation, de boycott, de lutte émancipatrice qui verra l’èmergence d’un autre homme, qui à son tour, sera le porte-voix, mais surtout son incarnation. Un homme qui fédérait toutes les angoisses et frustrations. D’où l’adhésion des foulent qui se reconnaissaient en lui. Il avait une légitimité non usurpée, à parler en leur nom. Un homme qui attira de ce fait, toute la haine bestiale et raciste. Il fut tué pour cela. Il a payé de sa vie. Cet homme savait qu’il allait mourir pour ses idées d’égalité et de fraternité. Pour sa dignité, pour celle de ses frères. Mais, il n’y renonça point. Le don de sa vie, ne peut pas etre que seulement symbolique. Il existe, une catégorie d’hommes et de femmes capablent de se sacrifier pour une cause juste et noble. Et ce, au prix d’incessants efforts, d’abnégation, de privation et de persécution. Allant jusqu’à accepter de mourir pour la cause. De cette race sont les héros et les grands hommes. Sans eux, les masses ne se meuvent point. Sans eux, point de repères. Il y a ceux qui les adulent, mais aussi, leur détracteurs qui les raillent. Seulement, l’histoire est leut témoin, car bien souvent en avance sur leur temps, ils ont eu le tord d’avoir raison trop tot. 

            Ps. L’allusion au terme ” Nègre”, est juste, une une remarque faite sans trop de considération pour le mot en soi, mais pour l’usage qui en est bien souvent fait, qui péjoratif. Meme si nous savons qu’on peut bien en faire un usage mélioratif. Les pères de la Négritude l’on bien fait. Il n’en démeurent pas moins que c’était de la révendication plus que l’appropriation.  Car, ce sont d’abord les yeux des autres qui nous voient “Nègres”. Ce qui justifie la célèbre phrase d’Aimée Césaire: Le Nègre, il… ., qui est devenue aujourd’hui, pratquement un apohtegme. 
            Bien à vous.

  • vent

    critique non constructive … Tu n apporte rien de nouveau, tu ne propose rien de nouveau

  • cri de coeur

    je n’ai aucun commentaire a faire si ce n’est te mille fois merci pour ton analyse au combien combien de fois riche d’enseignement.

    • Merci 🙂

    • camille sess

      J’ai du mal à vous suivre .  N’oubliez jamais que les bombes de l’ONU ne faisaient pas de distinction entre les soi-disant pro-Gbagbo et les soi-disant pro-Alassane. La Guerre entre Satan et Dieu , entre le bon et le méchant,entre le bien et le mal, nous fatigue. Cette culture de la dispute , de la confrontation que dis-je de la Guerre permanente ,n’est pas une fatalité. il existe une autre manière d’appréhender, par ce qu’on appelle , la culture de la vie partagée. à la vérité une seule chose intéresse les gens , leur vie et rien que ça.

      • De quoi parlez-vous ? Qu’est-ce que vous dites exactement ? Si vous avez du “mal à me suivre”, franchement, c’est plus que réciproque…

  • Elayse2001

    un homme politique joue pour lui même ,de plus quant il est français  alors c’est plus grave ,n’attendons rien  des politiques français qui d’ailleurs sont  en campagne  électorale qu’il soit de gauche ou de droite ;n’oublions pas que l’intervention française en côte d’ivoire a été salué  par le parlement français dans sa globalité sauf les députés  communistes qui ont voté contre.ces hommes  sont  profondément impérialistes. 

  • kpide

     Bonne et heureuse annee Mr Fabien. C’est un peu domage que vous soyez aussi dur vis a vis  des pro-gbagbo. Vous avez parfaitement raison de dire que tout president francais defendra toujour les interet francais qu’il soit de la droite, extreme droite, centriste, de la gauche ou de l’extreme gauche. De meme que tout president africain entretiendra toujour des relations louches (a des degres different) avec les dirigeants occidentaux. Cependant, il y a une tres legere difference entre les dirigeants europeens car il y a ceux qui peuvent se contenter des oeux de la poule et ceux qui voudront la poule et ses oeux. La gauche (la vraie) est en generale soucieuse de valeurs sociales et humaines, la droite vous savez bien ce qui prevaut chez elle. Comme example prenonns 3 presidents. Mitterand: sous lui les noirs etaient exploites mais tout etait masque par des declarations anbigues de democraties et des droits humains. Chirac qui est de la droite mais avec un minimum de culture et ses autres predecesseurs de droite masquaient l’exploitation des africains par les coup d’etats, intimidations de toute forme ou rebellions(selon les circonstances) menes par les indigenes. sarkozy, un president de la droite non cultive est passe par l’action directe. Je dirai que les premiers cites se sont contentes des oeux et le dernier a voulu  la poule et les oeux.
    Parlant de Melenchon, la personne qui a fleure l’idee s’est basee sur le fait que certains politiciens de l’extreme gauche et de la gauche reformiste (Melenchon) ont ete constants pendant la crise ivoirienne, alors en leur donnant un poids politique, ils seraient capables d’influencer un president socialiste par exemple. Ce n’est qu’une proposition et vous pouvez ne pas etre en phase avec lui et la meilleure facon de le confondre serait d’eduquer les pro-gbagbo peu eclaires afin qu’ils ne se leurrent point. Je pense qu’il vous faut beaucoup de patience afin de ne pas rater la premiere phase de toute lutte qui  se resume en la transformation des  mentalites. Je ne vous demande pas de verser dans du populisme mais plutot vous repeter afin que votre message de base puisse etre compris par la base car cette masse polpulaire est tres importante pour l’implementation pratique des idees confectionnees au labo. Quant a watara, je suis de plus en plus convaincu qu’il ne pourra pas survivre politiquement car je ne vois pas comment il peut continuer de satisfaire ses maitres et le peuple ivoirien (meme ceux qui le soutienent) tant il doit moralement et materiellement a la france (et je pense que vous l’avez deja ecrit si je ne me trompe pas). Alors pour conclure, je dirai que les ivoiriens ne sont certes pas concernes par les elections francaises, mais la situation de detresse est tellement  a son comble que tout changement d’exploitation de la CI leur permettrait d’avoir une bouffee d’oxygene afin de se reorganiser pour se battre pour leur bien etre.

    • Cher ami, bonne et heureuse année à vous également. Je vais tenter de répondre brièvement à vos points un à un :
      1) Je suis peut-être dur avec les pro-Gbagbo mais ne dit-on pas que qui aime bien chatie bien ? Vous  constaterez que je dis quasiment rien (très peu, en tout cas) sur les pro-Ouattara et que je ne leur ai jamais dédié un seul papier. Pourquoi ? Parce que je ne trouve rien à dire sur eux…
      2) Ouattara ne “pourra pas suivre politiquement”. Je suis d’accord avec vous…
      3) La distinction que certains (dont vous) veulent faire entre Mittérand, Chirac et Sarkozy est une distinction qui me semble d’autant plus inutile que les conséquences pour les Africains sont les mêmes. Il faut arrêter d’aller chercher des clivages fondamentaux où il n’en existe aucun. Les personnalités politiques diffèrent, les partis politiques français diffèrent, mais le système demeure exactement le même. De La Baule à Marcoussis au 11 avril, la Côte d’Ivoire a subi de la même manière. C’est cela qui devrait fonder la base de réflexion première, car de mon point de vue, le “changement d’exploitation” auquel vous vous attendez avec autrui que Sarkozy à l’Elysée n’arrivera jamais. Il n’est pas arrivé depuis le général De Gaulle en 1960 avec nos “indépendances” et il n’arrivera jamais. Il revient plutôt AUX AFRICAINS EUX-MEMES de changer en commençant par arrêter de regarder là où il ne faut pas.
      4) Concernant Mélenchon, comme je l’ai dit dans le texte, qui que ce soit est afro-français (inclus les ivoiro-français) a la droit de faire ses choix et engager une quelconque campagne, puisque cette personne a droit de vote en France. Mais ques des ivoiro-Ivoiriens prennet le relais et s’inscrive dans une campagne pour quelque candidat français me semble incongru, ignorant, naif et surtout inutile. C’est mon opinion, elle est exprimée fortement, car il faut réveiller les Ivoiriens. Beaucoup trop parmi eux (notamment parmi les pro-Gbagbo) sont sous hypnose. Ce texte, j’en suis sûr, en a réveillé un ou deux et c’est déjà cela…