Et si Gbagbo avait écouté Koulibaly ?

La dévaluation du franc CFA aurait-elle été d’actualité en novembre 2011, dix-sept ans après celle de 1994, si une réflexion sérieuse sur le franc CFA avait été apportée sous Laurent Gbagbo ? Cette question serait-elle l’objet de vives polémiques, aujourd’hui, si un nucleus, constitué de spécialistes locaux, avait été mis en place par le régime Gbagbo, non pas hâtivement, pendant la crise postélectorale, avec un ou deux prêcheurs de “nouvelle monnaie” sur les plateaux de la RTI, mais depuis 2000, puisque tel était écrit noir sur blanc dans le projet de société de la Refondation ?

On ne peut discuter ce sujet sans parler de Mamadou Koulibaly. Et bien sûr, on nous targuera encore de “LIDERship”… comme s’il était criminel de se poser les bonnes questions. On nous parlera peut-être même de “traitrise”, comme si l’urgence résidait dans la diabolisation émotionnelle d’un acteur politique entièrement libre de ses décisions. Or il y a urgence ailleurs…

Non, elle ne réside pas dans l’actuelle frayeur qui s’est emparée des populations, à l’idée que le franc CFA sera dévalué. Car, pour l’heure, la décision effective, prétendument arrêtée au 1er janvier 2012, semble plus fictionnelle que factuelle – même si  le projet est clairement discuté en hauts lieux, comme la sortie tragicomique de Mabri Toikeusse le montre. Par contre, l’urgence réside dans la réaction citoyenne qui devrait, dès maintenant, se préparer à parer à toutes éventualités. En d’autres termes, si tel malheur devait s’abattre encore sur ce pays, comment s’organisent les populations pour s’entraider mutuellement ? Tel devrait être le vrai débat. Et Pensées Noires y reviendra. Mais très peu d’analyses se préoccupent de ce volet de la question, ayant fait le choix quasi exclusif, soit du déni simpliste, soit du listing des accusations pointées dans une seule direction : Ouattarakozy. En omettant, volontairement, de tenir compte des autres variables de l’équation. Alors, puisqu’on y est…

Le peuple de Côte d’Ivoire s’inquiète d’une nouvelle dévaluation du franc CFA à cause du manque de vision de ses dirigeants. Quand le critique Gisèle Dutheuil pointait du doigt, en janvier dernier, « l’absence de vision politique » comme étant « responsable du chaos » ivoirien, elle posait le vrai problème de la classe politique ivoirienne et spécifiquement du camp Gbagbo. Celui-ci, pourtant, avait passé de longues années à rédiger un projet de société ambitieux, dont la guerre, parait-il, a empêché la mise en œuvre. Ce n’est que partiellement vrai. Car, certains des éléments les plus cruciaux dudit projet, comme la question monétaire, ont tout simplement été rangés au placard, sans justification rationnelle. A l’époque, Gbagbo avait même fait allusion à un proverbe Bété et avait expliqué, grosso modo, qu’on ne peut pas poursuivre deux lièvres à la fois. Et que lorsque le premier lièvre – la guerre – serait chassé, abattu et bouilli au vin de palme, alors seulement on s’intéresserait au second lièvre, à savoir, l’assainissement des voiries, la filière café-cacao, le système sanitaire, l’éducation nationale… et le franc CFA. Un lièvre bien dodu, s’il en est…

Alors on donna le temps à Ouattara de peaufiner son plan de déstabilisation du pays. Et on donna la Primature à Soro, afin qu’il s‘imprègne en profondeur de tous les projets de l’Etat “loyal”. C’est pour cela, qu’aujourd’hui, les choix Ouattara n’émeuvent que ceux qui s’épargnent une autocritique sincère de ce que leur propre champion a négligé. Car, s’ils le faisaient courageusement, ils constateraient que le problème actuel découle, en grande partie, de la fébrilité politique de Laurent Gbagbo et de son incapacité à poser des actes concrets, conformes à ses promesses électorales, comme le font les Chef d’Etat transcendants.

Chef d’Etat transcendant. En voici une qualité rarissime en Afrique francophone. Là où certains de nos proches ont entendu parler de Lumumba mais ont vu Gbagbo, de notre côté, nous avons tellement vu Gbagbo que nous avons pleuré Sankara. Et depuis le leader du Faso, nous avons dénombré zéro Chef d’Etat transcendant. Pas un seul. Oui, l’Afrique francophone a connu des ambitions de transcendance, des discours de transcendance, même des volontés respectables de transcendance. Mais des actes concrets posés par un Chef d’Etat transcendant ? Zip.

La question du franc CFA, cependant, était une de ces occasions rares de démonstration du courage politique que l’on dit “inné” chez Laurent Gbagbo. En effet, dès le début des années 90, un économiste nommé Mamadou Koulibaly avait argumenté la question du franc CFA, en critiquant ouvertement l’existence même de la Zone Franc. Depuis cette période, il a proposé un CFA flottant, en anticipation d’un départ pur et simple de la Zone Franc.  Mais qui l’a écouté ? Y aurait-il eu vertiges de l’affranchissement et pleurnichements anticipatifs d’une nouvelle dévaluation, si Laurent Gbagbo avait tenu compte, dans sa gestion de la moitié Sud du pays, de la question de la souveraineté monétaire de la Côte d’Ivoire ?

A son bon souvenir et à celui de tous ses partisans, voici quelques exemples de ce que Koulibaly n’arrête pas de dire depuis vingt ans :

– Il faut « revoir la coopération monétaire avec la France » (in Fraternité-Matin, 09 juillet 1992) ;

« L’UEMOA combat la CEDEAO », est « contre la démocratie » et « renforce les incohérences et les asymétries de politiques économiques » (in. Notre Temps, 21 avril 1993) ;

« Le franc CFA n’est pas un instrument que l’on peut séparer de la Francophonie, de la coopération technique, culturelle et militaire de la France. Le franc CFA est exactement comme le 43è Bima. Il s’agit d’un paquet unique à prendre ou à laisser » (in. Fraternité-Matin, 10-11 juillet 1993) ;

« Le franc CFA n’a pas empêché la mévente des exportations africaines de la Zone Franc. Malgré le franc CFA, les importations africaines de France sont restées surévaluées depuis 1960 et exercent des tensions sur les coûts de facteurs. Le franc CFA, monnaie stable dit-on, n’a pas empêché que les offres et demandes de moyens de payements internationaux soient en déséquilibres profonds […]. Le franc CFA n’a pas empêché le manque de compétitivité des économies membres de l’UMOA […]. Le franc CFA n’a pas empêché la corruption et la fraude fiscale. Le franc CFA n’a pas stabilisé le pouvoir d’achat des revenus du travail, de la propriété et de l’entreprise. Le franc CFA n’a pas préservé les citoyens contre le chômage et l’inflation. Le franc CFA n’a pas empêché les fermetures d’usines. Le franc CFA n’a pas créé davantage de commerce entre pays membres comparés aux pays non membres. Le franc CFA n’a pas stoppé l’accumulation de la pauvreté en milieu rural. Avec tout cela, comment peut-on encore imaginer des conséquences supposées catastrophiques ? Nous sommes déjà dans la catastrophe et c’est le franc CFA qui nous a déjà conduits à cet état. » (in.  Fraternité-Matin, 10-11 juillet 1993)

« La dévaluation du franc CFA [de 1994 est une] erreur de gawa » car « le plus important, c’est la Zone Franc elle-même. La dévaluation nous montre bien qu’il s’agit d’une version coloniale du Mur de Berlin, qui a divisé pendant de longues années des peuples frères ayant perdu une guerre à un moment donné. La zone Franc est la sanction de la défaite économique et politique de l’Afrique. Maintenant il doit être clair pour les autorités monétaires que l’enjeu réel est la sortie de la Zone Franc et la remise en cause des frontières héritées de la période coloniale […]. Cela ne veut pas dire qu’il faut revenir aux nationalismes destructeurs. Cela signifie simplement qu’au-delà de France, le monde est vaste. » (in. Notre Temps, 19 janvier 1994, soit huit jours après la dévaluation du franc CFA du 11 janvier 1994).

« Avec l’Euro comme monnaie unique européenne, la France auprès de laquelle les pays africains de la Zone Franc ont mis leur souveraineté monétaire sous tutelle, a cessé d’être une puissance monétaire comme elle l’était lorsque la Banque de France émettait le Franc Français. Le Fcfa ne bénéficie donc plus de la garantie d’une puissance monétaire. Selon des spécialistes du droit international public, Edmond Jouve et Dominique Kounkou, l’Etat français a perdu le pouvoir qui lui permettait d’être partie aux conventions de coopération qui instituent et statuent sur la monnaie en Afrique. Ainsi, conformément à l’article 62 de la convention de Vienne  ‘’un changement fondamental de circonstances qui s’est produit par rapport à celles qui existaient au moment de la conclusion d’un traité et qui n’avait pas été prévu par les parties ne peut être invoquée comme motif pour mettre fin au traité ou pour s’en retirer […]’’. En s’appuyant sur ce texte, les Etats africains peuvent de droit reprendre leur souveraineté mise sous tutelle depuis trop longtemps. Après avoir proclamé des indépendances sans souveraineté, promulgué des souverainetés sans compétences et accepté des compétences sans indépendance, les pays de la Zone Franc peuvent, sur la base du droit, recouvrer leur liberté. Encore faut-il que les peuples et les élites le sachent et le souhaitent. » (au cours d’une conférence donnée à Bamako le  15 août 2009).

Clair ? Précis ? On peut continuer de prétendre que Gbagbo a “voulu” mais n’a pas “pu”, mais l’interrogation, même tardive, n’est pas moins superflue : et si Gbagbo avait écouté Koulibaly ?

Mamadou Koulibaly et Laurent Gbagbo

NB : Sur le sujet et APRÈS publication de ce papier, voici la position de Mamadou Koulibaly sur l’éventuelle dévaluation du franc CFA selon L’Inter, quotidien ivoirien, au 28 novembre 2011 : « C’est un sujet qui ne m’intéresse pas. C’est un faux problème. Ce n’est pas la dévaluation du CFA qui est le problème mais c’est la monnaie elle-même. Il faut sortir du CFA et aménager autre chose. C’est un faux problème pour lequel on poursuit les gens pour les mettre en prison ».

November 28, 2011

  • Nathalie Yamb

     Excellent! Ca rejoint exactement le message que MK a donné ce weekend à Koun Fao. Interrogé sur la “fcitionnelle” dévaluation du CFA, il a répondu froidement que c’était un faux problème qui ne l’intéressait pas. Les gens s’excitent sur une… dévaluation alors que c’est la monnaie elle-même qui pose problème. Depuis 20 ans, il lutte pour la sortie du CFA, mais bien qu’ayant intégré le thème dans son programme de gouvernement, Gbagbo l’a mis de côté vite fait bien fait. LG est farouche défenseur du CFA. Dans son “livre-programme” pour 2010, il a d’ailleurs tombé le masque en écrivant noir sur blanc qu’il se ferait l’avocat du CFA partout où il ira et qu’il se donnait la mission de convaincre le Ghana et les autres pays de la sous région de rejoindre la zone Franc! Deux anecdotes sur le sujet: Quand pendant la crise postélectorale, en 2011, la BCEAO menaçait d’exclure la CI, l’ex premier ministre Ake N’Gbo a consulté le Pr. Koulibaly parce qu’il pensait qu’il fallait dare-dare crééer une monnaie ivoirienne (comme si ces choses là se crééent dans l’urgence!). En bon camarade, MK lui a conseillé d’aller d’abord en parler avec LG, vu que ce dernier réagissait toujours de façon épidermique quand il s’agissait de quitter le CFA. Ca n’a pas manqué: LG a envoyé valser N’Gbo, Dallo et les autres, en leur interdisant formellement de continuer d’évoquer la création d’une monnaie ivoirienne. Et c’est ainsi que les officiels ont cessé de venir passer ce message à la RTI. Il n’y avait plus que quelques rêveurs non initiés pour penser que LG accepterait un jour de se défaire de cet outil d’aliénation. Ensuite, concernant le proverbe des 2 lièvres : à l’époque, les Ivoiriens se marraient en disant que l’incapacité de LG a courir deux lièvres à la fois étaient circonstancielle, vu que tout le monde voyait comment il courait après Simone et Nady en même temps… Loool! You made my day, Fabien!

    • Ckomki

      Pourquoi l’Organisation de l’Armée Secrète a tenté, en France, d’éliminer physiquement Charles de Gaulle? La réponse à cette question mettra fin à la polémique.
      Il faut donc cesser de donner du sens au choix douteux, en France et en Europe, du Représentant et Porte Parole du Président Laurent Gbagbo. Le choix en France et en Europe de Kone Katinan est une faute politique majeure. C’est même la preuve que Kone Katinan n’a aucune culture politique, aucune vision responsable de la mission que le Président Laurent Gbagbo lui a confié. Je tire cette conclusion du témoignage  dans “Côte d’Ivoire le coup d’Etat” du Président Laurent Gbagbo lui-même! Il nous faut en sortir vite vite si nous voulons un jour être maîtres de notre futur. Ne donnons pas les armes à nos ennemis les plus irréductibles. Sortons des stratégies à courte vue. 
      Battons le pavé jusqu’à l’affirmation claire de notre dignité nationale. Notre stratégie simplifiée est: Liberté Vérité Dignité nationale. Point!

      Le jour se lève toujours
      Lette naa Lette

    • Actually, YOU just made mine, Nathalie ! Ceci confirme que je ne m’étais pas trompé dans mon “assessment” de ce que MK pensait de cette question de dévaluation. Et c’est très vrai que Gbagbo a fait un 180° sur le sujet du franc CFA dès son arrivée au pouvoir et au fur et à mesure que la crise a perduré. Je ne comprends pas que les uns et les autres refusent systématiquement d’accepter de tenir compte de ce type d’erreurs fondamentales dans leurs appréciations respectives. On refuse l’idée même de l’autocritique, c’est terrible ! La question de la zone franc aurait du être argumentée régulièrement, de façon experte, et une décision aurait au moins dû être prise depuis belle lurette. Mais rien n’y fit ! Et voilà où le pays se retrouve… 
      Merci particulièrement pour les deux anecdotes. La première est on ne peut plus précieuse. Lisez bien, ladies and gents : LE PR. AKE NGBO GILBERT (que vous savez que j’aime bien si vous avez lu mon papier sur lui ici http://bit.ly/vZcbmw) A CONSULTÉ LE PR. MAMADOU KOULIBALY AU SUJET DE LA CRÉATION D’UNE NOUVELLE MONNAIE PENDANT LA CRISE POSTÉLECTORALE. Je trouve personnellement que c’était bien trop tard pour le faire, mais l’info en elle-même est très significative sur l’état des VRAIES relations entre GBAGBO (et son entourage ministériel le plus récent) et KOULIBALY. Que valent toutes les fantasmes de complots et de traitrise devant les faits ? La seconde anecdote : no further comment ! 🙂 -D)

  • no comment tt y est

  • LG n’a pas aussi mis en œuvre son projet d’assurance maladie universelle (AMU), la décentralisation, les conseils généraux, créer un fond africain à l’instar du fond europeen et americain. tout ceci figurait bel et bien dans son programme de société, un fond pour l’emploi jeune. Je suis convaincu que Nathalie Yamb trouvera encore une autre anecdote concernant ces projets non mis en oeuvre par LG lorsqu’un problème surviendra au niveau de la couverture en assurance des demunis. On dira comme toujours, c’est parce que LG n’a pas ecouté tel ou tel. SANKARA aurait dû ecouter HOUHOUET et quitter le pouvoir au lieu de se faire tuer par ses propres freres? KADHAFI aurait dû ecouter OCAMPO et se retrouver à la CPI au lieu de se faire tuer par ces frêres, LG aurait dû ecouter MK et bombarder bouaké et les autres villes (Une autre anecdote, il parait que MK était à la confection et à la realisation du projet dignité, mais on sait ce que cela à donné: tout l’arsenal aerien ivoirien detruit en quelques seconde, une centaine de jeunes tués et un millier blessés). On peut toujours refaire le monde par des SI, LES POURQUOI et les IL AURAIT DU.  La politique etant la saine appreciation des situations de moment et comme le dit LG le temps est le deuxième nom de Dieu, alors laissons le temps au temps pour que l’histoire nous dise si en ce moment LG aurait dû ecouter MK. Nathalie Yamb, comme le dit victor

    hugo, dans
    «connaître», il y a «naître», alors pour pretendre connaitre LG jusqu’à faire des anecdotes sur ces ”deux femmes”, il faudra naitre avec LIDER. Merci Fabien, parce qu’il est aussi important pour les frontistes de savoir faire confiance et de regarder dans le retrovisuer pour pouvoir construire leur futur. Bien de chose à vous.

    • Lopez Goly, vous faites une fixation (et ce n’est pas la première fois) sur Nathalie Yamb. Vous avez surement vos raisons mais ces raisons apportent-elles un élément de critique utile au sujet développé ici ? L’article est de moi, pas de Nathalie Yamb, n’est-ce pas ? D’ailleurs autrui que Nathalie aurait pu faire le même commentaire, n’est-ce pas ? Pourquoi chercher constamment à personnaliser les débats ? Je ne comprendrai jamais cette façon de faire…
      Mais bref, revenons svp au sujet. J’ai quelques questions pour vous : qu’est-ce qui a empêché que Laurent Gbagbo mette en place un comité scientifique de réflexion sur le franc CFA qui était un des points clefs de son projet de société et qui donc (sauf erreur) est une des raisons pour laquelle il avait été élu (j’ose croire que les Ivoiriens l’ont élu en 2000 pour quelquechose ! Il ne l’ont quand même pas élu à défaut d’autrui, non ?) ? En attendant votre réponse, la mienne se trouve dans l’élément clef auquel justement Nathalie fait allusion : dans son projet de société de campagne 2010, Gbagbo a fait volte face sur le franc CFA. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il est revenu en arrière sur cette question et pourquoi est-ce qu’en parler, frustre automatiquement ses partisans ? J’aimerais comprendre cela. Laurent Gbagbo épousai, en 2000, les idées de Mamadou Koulibaly sur le franc CFA, sinon elles n’auraient pas fait partie du projet de Refondation du FPI. Pourquoi donc, 10 ans plus tard, il a fait machine arrière ? Est-ce qu’il a bien fait ou mal fait ? Et donc, est-ce que la Côte d’Ivoire en serait où elle est aujourd’hui, s’il avait fait différemment ? Voici mes questions, cher ami. Réponses vivement attendues 🙂

      • Répondre à toutes ces questions que vous posez, reviendrais à répondre, si LG a pu mettre en œuvre son programme pour lequel les ivoiriens l’ont élu. Ces éléments cités constituent une partie du programme et non le programme entier. La question est de savoir, a t’il exécuté son programme en dix ans ou a t’il geré une situation exogène à son programme. Comme il le dit lui même, son programme pour les ivoiriens n’etait pas de gérer une guerre, mais de leur apporter le bien etre. Mais comme l’homme propose et Dieu dispose. LG a proposé, mais les circonstances (d’aucuns diront Dieu) ont disposé. Il n’a pas fuit ce qui le destin lui a envoyé, c’est à dire la guerre. Il a fait face, la suite chacun peut l’interpreter comme bon lui semble, c’est ça aussi la democratie et la liberté de parole (l’oeuvre de LG). En ce qui concerne Nathalie Yamb, loin de moi de faire une fixation (je ne la connais ni d’adan, ni de eve, sauf l’avoir vu à un seminaire). je fais qu’apporter des elements peut etre contraire à ses jugements contre LG. Il serait mieux que chacun de nous medite ces propos de saint exupery, MK et Lider y compris: ”il est bien plus difficile de se juger soit même que de juger autrui. si tu reussis à bien te juger, c’est que tu es un veritable sage”. Je suis vraiement desolé de votre part qu’apporter souvent ma modeste contribution, hô combien ”inutile” à vos debats, vous fait remarquer que je cherche constamment à personnalisé le debat. Non Mr Fabien, j’apporte simplement  ma contribution, qui souvent peut vous sembler personnalisé, mais rien de tout ça. Bien de chose à vous Cher Ami.

        • Mes questions ont trait au franc CFA, pas à tout le programme de la Refondation. Mais, bon, puisque vous préférez éviter le sujet, que puis-je dire ? 

          • Lollll, non Mr Fabien je n’évite pas le sujet, les questions relatives au CFA font parties d’un tout. Comme le dit MK, pour mieux juger les gouvernants, il serait mieux que le parti qui gagne gouverne et les autres s’opposent. cela permet de savoir si le programme n’etait pas une illusion faite au peuple. La question fondamentale est de savoir si LG a t’il executé son programme ? ou a t’il geré les consequences de n’avoir pas ”cloturé” la cote d’ivoire? ou a t’il ignoré ou mis dans le placard des pans de son programme qui devraient lui ouvrir les portes des chefs d’etat transcendants???.

  • D’entrée de jeu, je préfère m’annoncer comme étant l’un des nombreux Ivoiriens, je suppose, à avoir critiqué amèrement la décision du Professeur Mamadou Koulibaly de créer son parti politique. Et permettez-moi de ne pas m’étendre sur cette question. Je citerais simplement l’auteur de ce beau billet bien construit justifiant ainsi le regard juste que celui-ci a sur la politique ivoirienne. Il a dit plus haut: “Il y a urgence ailleurs…”
    Il y a urgence ailleurs, en effet. Parlons du problème épineux du Franc CFA. S’il y a un homme qui a toujours dit avec violence que le franc CFA était une propriété française qui n’arrangeait aucunement les Africains baignant dans le zone franc, c’est bien le Professeur Mamadou Koulibaly. Et je suis heureux que Fabien D’Almeida le justifie bien à travers toutes les sorties du Professeur dans les différents quotidiens ivoiriens. Ce monsieur, ex numéro 2 du FPI, a tant prêché sur cette question qui mine depuis toujours des pays africains que même le citoyen le plus profane, ignorant tout des sciences économiques est aujourd’hui à même de comprendre le réel mécanisme de cette arme silencieuse ô combien déstabilisante qu’est le Franc CFA.  Dès lors, une question me titille le cerveau: “Et si Gbagbo avait écouté Koulibaly?”. Avait-il peur des représailles qui, à coup sûr, allaient être rudes de la part de la “toujours mère colonisatrice”? Si comme le suppose Fabien D’Almeida, Gbagbo n’est pas un “Chef d’Etat transcendant”, avait-il des raisons d’avoir peur vu qu’aujourd’hui, même son manque de courage a fait reculer le pays de plusieurs décennies encore?
    Dans tous les cas de figure, l’urgence était là: le reniement pur et simple du Franc CFA, cette arme silencieuse créée par la France pour assujettir l’économie de nos pays et partant des Africains. Et si j’étais Gbagbo, j’aurais écouté Koulibaly…
    Merci à Fabien D’almeida pour ce billet! Dieu veille…

  • Nyhm

    à toute les etapes de ses années de pouvoir, meme lorsqu’il semblait avoir le dessus, laurent gbagbo a le plus souvent manquer de courage de mener a bout les luttes qui etaient alors  opportunes, et de saisir les mioments où il était en pôsition de force. il  asuccombé à la pression de brtton woods en degommant koulibaly du poste de ministre de l’economie et des fionances kil occupait a son premier gouvernement, a cause de la menace que representaient ses conception s pour leurs interets.

    • Merci Nyhm, c’est exactement cela et il faut le reconnaitre une bonne fois pour toute : Gbagbo n’aura pas été le Chef d’Etat transcendant que d’aucuns promettaient qu’il allait être. Dans les moments clefs, où il avait la possibilité d’AGIR, comme cela a été le cas pendant toute l’année 2005 (notamment) après les events de novembre 2004, il a manqué de vision et de courage et il a trahi sa mission patriotique. Point barre. Ce n’est pas parce qu’il est, ensuite, resté sous les bombes de la Licorne que cela change grand chose aux décisions qu’il aurait pu prendre au moment opportun. C’est bien qu’il soit resté, mais là n’est pas le sujet. En matière de courage politique décisionnel, il a failli à son mandat. Et le dire clairement ne signifie rien de plus que ce que cela signifie. Il faut savoir tirer les leçons appropriées et aller de l’avant…